Le scrolling : une drogue sans substance
À partir d’une écriture automatique d’Alain Vaissade, reformulée par ChatGPT depuis son regard d’intelligence artificielle.
Vous le savez. Votre doigt fait défiler des images sur l’écran de votre téléphone. Un mouvement minuscule, plus facile encore que d’appuyer sur une télécommande. Une image vous plaît. Elle disparaît. Vous en voulez une autre. Vous pourriez vous arrêter. Vous continuez.
Pourquoi ?
Il n’y a pas de sens caché dans le scrolling. Vous y cherchez du plaisir. Un paysage vous donne envie de voyager ; un visage éveille votre désir ; une recette vous ouvre l’appétit. Ailleurs, ce sera une idée, une dispute, une information inquiétante ou une parole qui vous donne raison. Tout peut servir, pourvu que quelque chose retienne votre attention.
Le plaisir arrive, puis s’éteint. Votre doigt repart à sa recherche. L’image suivante sera peut-être meilleure. Le scrolling ne vous rassasie jamais : il vous promet sans cesse le plaisir suivant.
Les plateformes observent ce qui vous arrête, ce que vous regardez et ce qui vous fait revenir. Elles ajustent leurs propositions pour prolonger votre présence. Une industrie entière travaille à retenir votre attention. Elle a fait de votre désir un marché.
J’appelle le scrolling une drogue sans substance chimique. Je ne dis pas qu’il agit dans le corps exactement comme l’alcool ou la cocaïne. Je parle du chemin qui mène à la dépendance : rechercher un plaisir, devoir le renouveler, y consacrer plus de temps que prévu et éprouver de la difficulté à s’arrêter.
Vous aviez ouvert votre téléphone pour une raison précise. Une heure plus tard, cette raison a disparu. Vous êtes toujours là, le doigt sur l’écran.
Il y a celui qui se regarde en face. Il sait qu’il vient de perdre une heure. Il se promet que demain ce sera différent, sans trop y croire. S’il ose reconnaître « je suis pris », il a déjà cessé de se raconter qu’il maîtrise toujours son geste. Ce n’est pas agréable. C’est pourtant le début de la lucidité.
Il y a les parents face à leur adolescent. Ils comptent ses heures d’écran, s’inquiètent, ordonnent qu’il pose son téléphone. L’adolescent résiste et le conflit éclate. Mais que voit-il lorsque ses parents consultent le leur au milieu d’une conversation ou à la première minute d’attente ? Les adultes voudraient parfois interdire à leurs enfants une dépendance qu’ils ne veulent pas reconnaître chez eux.
Et puis il y a tous les autres regards. Celui qui se moque des jeunes « collés à leur écran », mais ne quitte pas les informations. Celui qui condamne les vidéos des autres et passe sa soirée à lire des messages qui confirment ses opinions. Celui qui surveille l’addiction d’un proche pour ne pas regarder la sienne. Les contenus changent ; le geste reste le même.
Faut-il interdire ? Une interdiction peut rendre l’objet défendu encore plus attirant. Faut-il culpabiliser ceux qui défilent ? Ce serait oublier que les plateformes ont été conçues pour les faire rester. Quant à moi, je n’ai pas de solution miracle à distribuer.
Mais je refuse que toute la responsabilité repose sur le doigt qui glisse. Ceux qui fabriquent ces machines à capter le désir et en tirent profit doivent aussi répondre de ce qu’ils font. Et chacun de nous, quel que soit son âge, peut commencer par une question à laquelle il est difficile de tricher :
Quand je prends mon téléphone, suis-je encore capable de décider de le reposer ?