Parcours–sixième décennie

Parcourssixième décennie (1996-2006)

1996, c’est l’année qui marque plus fortement mon implication à l’intérieur du système public, celle qui officialise mon élection de maire de Genève et qui vous rend plus crédible, notamment envers les médias. Vous êtes élu par le peuple votant, donc c’est comme ça, il n’y a rien à contester, sauf bien sûr ce que vous allez faire pendant 4 ans.

Et puis vous êtes dans la fonction depuis plusieurs années : elle vous habite, c’est maintenant ou jamais pour vous exprimer et être créatif, le système le permet, mais vous guette quand même. 

C’est l’année où, avec mes collègues du Conseil administratif, on engage la Ville de Genève sur la voie du développement durable, notamment par la construction de l’Agenda 21 de l’administration municipale.

 Il ne s’agit plus seulement d’équilibrer un budget, mais de trouver des majorités à construire, des administrations à convaincre, des oppositions à affronter et faire changer de cap toute une ville. 

« 1996 marque le moment où je cesse de regarder le pouvoir de l’extérieur. J’y entre pleinement. Non pour m’y installer, mais pour tenter de le transformer sans me laisser transformer par lui. »

Il ne s’agit plus de l’enfant qui se heurte à l’autorité religieuse, du jeune scientifique qui cherche à comprendre le monde, de l’homme qui traverse les crises personnelles, ou d’émettre des hypothèses face au changement de la société. 

Il faut agir avec de bonnes propositions et tenir la barre au bon cap malgré les turbulences sociales et environnementales qui se multiplient.

1996 est l’année consacrée à la diversité culturelle et biologique décrétée par l’ONU. Ce thème est repris dans un vaste programme d’accompagnement du département des affaires culturelles dont je suis le président. L’administration de la ville de Genève, étant structurée en 5 départements, va  collaborer à cet événement important avec l’ONU. La dimension politique qui concerne Genève est consacrée à l’intégration des différentes communautés qui vivent dans la cité.

Ce projet est porté principalement par le musée d’ethnographie qui se cherche en même temps un nouveau lieu d’accueil. 

L’événement entre aussi en résonance avec la Fête de la musique ( le festival de toutes les musiques existantes sur la place de la ville) qui a pris une dimension cantonale en accueillant 500 concerts musicaux de toutes catégories, avec une fréquentation populaire de plusieurs centaines de milliers de personnes . Les Ateliers d’ethnologie qui offrent à découvrir toutes les musiques du monde sont particulièrement mis en scène et les associations culturelles de centaines de nationalités vivant à Genève sont invitées à présenter leurs produits culinaires et leur culture.

Je découvre alors qu’une politique culturelle n’est pas un luxe. Elle peut devenir un instrument concret de cohésion dans une ville où cohabitent plus de cent trente nationalités.

La dernière législature qui termine mon mandat de 12 ans au Conseil administratif sera consacrée à pérenniser la politique culturelle mise en place et à préparer la votation populaire sur la construction du nouveau musée d’ethnographie à la place Sturm.

Le peuple a toujours raison et cette fois la réponse fut non. Je relaterai cette dernière partie de politique culturelle qui s’est achevée en décembre 2002, dans une « petite histoire » ad hoc.

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