Parcours–quatrième décennie

Parcours–quatrième décennie (1976.–1986)

Confronté à mes limites et à celles des fortes résistances au changement de la société de cette époque, j’admet d’entrer progressivement dans le système pour le transformer et non pour m’y opposer de l’extérieur, que ce soit pour le contourner ou le dénoncer. Pari risqué pour ne pas devenir comme beaucoup d’autres une piéce du mécanisme que l’on veut changer.


L’enseignement dans un collège m’avait déjà donné l’occasion d’étudier et d’appliquer  de nouvelles méthodes pédagogiques. Je travaillais en collaboration, en équipe pédagogique, avec de jeunes enseignants pour améliorer la relation enseignant/enseigné et ouvrir de nouvelles voies d’apprentissage des savoirs auprès d’élèves de 12 à 15 ans.

Puis dans l’enseignement secondaire ( que l’on appelle supérieur à Genève) je travaillais mon enseignement sur des pratiques pédagogiques spécifiques à la physique par l’expérimentation avant la conceptualisation. En parallèle avec d’autres enseignants on réfléchissait sur les modifications à apporter aux structures administratives qui cloisonnaient les élèves dans un déterminisme social pour leur futur universitaire ou professionnel.

Suivant  la volonté d’un Conseiller d’état, responsable de l’instruction publique à Genève ( André Chavannes) de transformer les structures d’un ancien collège , le collège Sismondi, je me suis joins à la personne , une enseignante, qu’il avait désigné pour réaliser ce changement.

Devenu doyen dans cette nouvelle direction, en collaboration avec la directrice , je me suis investi dans la construction de nouvelles perspectives pédagogiques et administratives . 

Action pour engager de nouveaux enseignants pour travailler sur une réforme du système traditionnel, réflexion pour trouver de nouvelles voies d’application. 

L’équipe de direction s’est appuyée sur les recherches  actuelles en pédagogie , sur les réflexions et propositions des enseignants, mais aussi sur l’analyse systémique , notamment en s’appuyant sur des publications comme le macroscope de Joël de Rosnay.

Cela ne m’a pas empêché de continuer la réalisation et la construction d’un voilier pour matérialiser la conquête de multiples espaces maritimes.  C’était un chantier ambitieux, semé d’embûches technologiques à résoudre et surtout de trouver le temps pour le réaliser ( vacances, week-end, concentration sur cet objectif au détriment des loisirs, etc..). Équiper le voilier après la construction de la coque en acier était un plaisir technologique de recherche des meilleurs matériaux et inventivités. Cela m’a donné l’opportunité de rendre autonome en énergie le voilier lors de ses mouillages et de sa navigation à voile à l’aide de panneaux solaires, d’une éolienne, et d’un hydrogénérateur. Et plus tard de me spécialiser dans la physique appliquée au échanges avec l’énergie solaire, sous la direction du professeur Olivier Guisan, lors d’une année sabbatique. Les événements se reliants, ce fut aussi l’occasion de rentrer dans un parti politique consacré à l’écologie.

Travailler pour changer certaines structures du système qui détermineront plus tard la vie des étudiants, travailler pour changer plus tard mon quotidien, ma vie. 

Vivre au temps présent apporte aussi ses changements et je m’associe avec une relation amoureuse pour créer une nouvelle famille qui donnera deux enfants. 

Ce n’est plus un projet de vie qui désire seulement une implication pour changer une partie du système, mais un projet de vie qui associe le quotidien d’une famille et la réalisation d’un futur centré sur les voyages maritimes.

C’est beaucoup, mais je ne suis pas seul à l’action. L’année 1985 sera celle du grand départ pour entreprendre un voyage en famille vers les Antilles et l’Amérique du Sud pendant une année.

Cette période sera joyeuse et enrichissante à plus d’un titre, par la découverte de la navigation hauturière au delà de la Méditerranée, par les rencontres multiples avec d’autres équipages, par les solidarités qui soudent les gens de la mer et par la découverte de nouveaux pays, de leur population, leur culture, environnement et écosystème. La plongée sous marine permettant grâce é la mobilité du bateau, de connaitre les multiples variétés des fonds de corail, la diversité des espèces de poissons multicolores et de pouvoir les faire admirer aux enfants ou aux amis venus nous rejoindre.

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