Le jardin du Luxembourg
Ma grand mère paternelle m’y amenait parfois lorsque j’étais enfant car elle habitait juste à côté, à la rue Jules Champlain. Je me souviens des jeux , du petit cheval et sa carriole dans laquelle je montais, et du théâtre de guignol dont je n’arrivais pas à me joindre aux rires des autres enfants. Je trouvais insignifiant ou stupide ce qu’il jouait. Je me trouvais niais ou stupide à ne pas pouvoirs rire du spectacle.
Ce que j’aimais surtout c’était lorsque nous étions abrités du froid chauffé par les rayons du soleil, à l’abri du vent, par le pavillon de l’orangerie, surtout en automne ou en hiver. Ma grand mère papotais avec des connaissances du quartier et me laissais une liberté qui me permettait des jeux imaginaires et des mouvements qui pouvait m’amener jusqu’au au bassin ou circulait des bateaux en modèle réduit. J’y retournais bien plus tard dans ce jardin du Luxembourg lorsque je fréquentais le lycée Lavoisier tout prochepour y obtenir mon dernier baccalauréat. Je venais m’assoir entre deux cours ou à midi sur les fauteuils en métal pour y fumer des cigarettes italiennes “nationale “, mais toujours de brefs instants car je voulais économiser la taxe du fauteuil.
Au printemps et à l’approche de l’été c’était aussi l’occasion de pouvoir rechercher des flirts amoureux.
Par la suite en mai 68, je me réfugiais à l’intérieur pour éviter les charges de la police lors des manifs.
C’est aussi ce jardin que j’ai fait découvrir à mon épouse Suissesse après notre mariage à la mairie du 5 eme.
Après avoir quitté Paris, j’y suis revenu lors d’escale de voyage, en transit, ou encore lors de visites culturelles. Celle dont je me rappelle le plus était celle d’une escale lors d’un retour de Guadeloupe. Je parcourais ce parc avec mon histoire affective précédente et je regardais plus attentivement ce palais du Luxembourg où siège le sénat qui représentait pour moi l’inertie politique et plutôt son incapacité à adapter les lois au monde contemporain de ma génération . Sous la beauté d’Anne de Bretagne, dans un état proche de la réflexion mais plutôt dans un sorte de méditation, dans un état de transe, je me tenais debout , face à ce palais. Et soudain comme réveillé par le tonnerre, j’ai entendu une sorte de voix me parvenir, claire et plutôt tonitruante me dire : « Alors, qu’est-ce que tu attends ?! »
Un peu abasourdi, je me suis assis un moment sur une chaise métallique, me suis réveillé pour payer son utilisation, et je suis retourné à Genève