Les chocs électriques
je suis en train de lire le livre “votre cerveau n’a pas fini de vous étonner, et a la page 228 on m’amène sur le thème de “l’hyper-conscience, ce qui me plonge dans mon passé.
Enfant j’examinais les postes de radio défectueux en découvrant leur arrière et en tripotant leur intérieur . En fin de compte je m’étais rendu compte que les pannes étaient souvent dues à des mauvais contacts et qu’il suffisait de remuer au bon endroit pour rétablir le contact. Aujourd’hui je pratique toujours cette méthode sur l’électricité à bord de mon voilier en mer lorsqu’il y a des défectuosité. Et ça marche dans la plupart des cas.
J’avais évidemment vers 8 à 10 ans une autre interprétation car je pensais qu’il fallait avoir du fluide pour sentir où cela ne marchait pas et pour rétablir la fonction posséder un sens plutôt du domaine parapsychologique .
Au cours de mes expériences je me faisais sauter par des hautes tensions lorsque je mettais les doigts plutôt que le tournevis à des mauvais endroits. Je me souviens particulièrement des moments où cela m’arrivait en étant allongé dans mon lit ( à entourage métallique) pour me rétablir d’une maladie grippale ou autre. L’effet était, et c’est le cas de dire, saisissant. Une décharge dans le cerveau avec des douleurs acides dans les membres ou des petites brulures que je soignais en agrippant les barres de cuivre de mon lit pour me refroidir les mains. Plus âgé je pratiquais cela dans les télévisions. La méthode était toujours la même: toucher partout et remuer jusqu’a avoir un résultat. Cela demandait de la systématique , de la mémoire et de l’opiniâtreté. Le résultat avec les radios était plus que majoritairement positif, tandis que ce n’était pas le cas avec les TV. Mais il y avait toujours quand même un moment de réussite.
A 18 ans, entrainé par mon ami de lycée et avec l’approbation de mon père ( événement très rare) j’ai passé le concours pour être pilote à Air France. Dans les épreuves il y avait un passage d’examen médical pour les yeux , les oreilles, et le cerveau. Comme à l’époque j’avais les cheveux longs je me suis retrouvé devant une doctoresse qui a exigé que je me coupe les cheveux pour passer un électro-encéphalogramme. J’ai refusé et devant sa volonté de me refuser l’examen, je me suis assis sur une chaise pendant un temps très long. Encombrant par ma présence, cette doctoresse d’un air furibard m’a alors mis en place les casque avec ses électrodes et m’a frotté les cheveux avec un produit gras. Avec un air sadique elle s’est tourné vers son pupitre de commande et rageusement à tourné un potentiomètre ou un truc similaire. j’ai sursauté violemment et je suis entré en résonance électrique dans ma tête et mon corps, avec une sorte de crise épileptique qui m’a semblé interminable. J’ai repris conscience en voyant la tête horrifiée de cette doctoresse, les yeux exorbités, son visage crispé et une mauvaise conscience dans son attitude. Elle m’a demandé de quitter les lieux en me signifiant que mon examen était terminé.
Sur mon rapport médical, les yeux étaient parfaits, l’électro-encéphalogramme pas mentionné, l’oreille droite pas très nette. Et pour cause j’avais été assommé à 5 ans par un gifle portée avec violence par mon oncle parce que j’avais refusé de céder ma part de tarte à mon grand père. J’étais resté sourd pendant plusieurs jours, avec tuméfaction de l’oreille.
Quelques années plus tard, lors de mon travail de thèse à Lyon sur les aurores boréales que je reproduisais dans une chambre azotée avec un accélérateur de particules, des protons et parfois des électrons. L’astuce pour faire des bonnes mesures optiques était de garder un faisceau bien rectiligne et homogène et pour cela ralentir le faisceau arrivant dans la chambre de collision en le décélérant pour obtenir les faibles énergies mesurées dans les aurores boréales. Pour cela on ne pouvait pas isoler la chambre de collisions de la haute tension réductrice d’énergie. La chambre de collision était entourée d’une cage métallique pour éviter les électrocutions. Avec un petite trappe quand même pour régler la pression du gaz que l’on introduisait dans la chambre de collisions. En pleine nuit, plutôt un peu ensommeillé, ou vers le petit matin parce qu’on se partageait les accélérateurs de jour comme de nuit pour une utilisation rationnelle, j’ai mis la main dans cette trappe car la pression d’azote était fluctuante et la luminescence oscillante. Je pensais que le robinet de la bouteille était mal ouvert, je l’ai tourné. J’ai pris une tension de plusieurs dizaines de milliers de Volts par le bras, avec un souffle de décharge je fus soulevé du sol entouré d’une sphère d’environ 1 mètre de diamètre d’une lumière orangée. Par la suite j’ai repris conscience en étant par terre sans savoir combien de temps j’étais resté immobile ou inconscient. Je me suis relevé avec un bras un peu paralysé, j’ai éteins la cinquantaine d’appareillage de l’expérience et je suis allé me coucher chez moi.
Par la suite, dans mon métier d’enseignement de la physique, comme je pratiquais toujours la démarche expérimentale devant les élèves avant la conceptualisation des faits, j’ai pris régulièrement, mais épisodiquement, des chocs électriques lors des préparations d’expériences électriques.
Pour continuer cette aventure électrique dans le temps, je me rappelle une traversée nautique avec mon voilier de Crète à Malte. Une nuit je me suis retrouvé au milieu de la mer dans une tempête d’orage. Obscurité totale, vent forcissant – j’avais déjà remplacé une voile d’avant éclatée- la pluie est arrivée ainsi que des orages.
Les éclairs tombent sur la mer et le voilier. Soudain les mats et les haubans grésillent puis s’éclairent. On y voit comme en plein jour. Scène impressionnante, féerique, presque irréelle . Puis des boules de feu descendent du mat de misaine et roulent sur le pont, puis sur le cockpit et tombent dans la mer sur l’arrière de bateau. Phénomène magique , on esquive les boules de feu comme on le ferait avec des ballons. Je sonne la retraite de mes deux équipiers vers l’intérieur du voilier protégé par sa coque métallique. Je reprends la barre sous la coupole et j’assiste au bal des charges électrique portées en boule par le vent sur le pont. Ces évènements ne dure pas plus de 20 minutes et la nuit noire reprends ses droits avec un vent qui mollit. Tous sur le pont nous reprenons la route au petit largue. Aucunement atteint par des décharges électrique grâce au bateau métallique qui conduisait les charges électriques dans la mer, je repensais à cet état de conscience plus proche de qu’on appelle de l’hyper-conscience: stupéfait, tétanisé, spectateur de magnificence, observateur éclairé et pour finir acteur rassuré et en sécurité revenant dans une une réalité devenue apaisante.
Hier soir 4 juillet 2018 dans le limousin une tempête à balayé une partie du nord du sud-ouest de la région.Résultat: jardin endommagé, arbre cassés, sapin étêté, des arbres sur les routes , 1 mort et des blessés, des toitures éventrées. Pendant cette tempête je contemplais depuis l’intérieur de ma maison centenaire, les éclairs mêlés au vent violent, la pluie abondante, le tonnerre et les arbres courbés. Et cela me faisait une sensation bizarre et apaisante de sentir le sol immobible sous moi.
le 29 février 2020 corrigé le 21 mars