L’atelier de photographie

L’atelier de photographie à Provins 

Je me souviens dans les années 50 , de l’atelier du magasin de photos de ma mère et de mon père. Dans la chambre obscure de tirage, les odeurs des bains de développement, hyposulfite de sodium, l’acide acétique, et l’odeur de renfermé jamais exposé au soleil. La lumière rouge de la sortie de l’image du papier, les pincettes de suspension du papier naissant de l’image. Le retour à la lumière suivi d’éblouissement, le glaçage des photos papiers, le découpage final des photos prêtes à la livraison au client. La pose, par l’appareil photo monté sur un  énorme châssis en bois, des clients avec derrière eux, des décors de peintures sur des rouleaux de papier peints.

Jean Renard , employé du laboratoire ( qui plus tard composera les chansons de Johnny Hallyday et Sylvie Vartan), séducteur et pianiste de talent,  me faisait renifler, pour m’amuser, l’odeur de souffre des allumettes justes allumées pour faire ressortir la fumée de mon nez comme si c’était des cigarettes.

Le classement des pochettes de photos vers le comptoir orientait les clients vers la caisse. Le code d’accès (composition de touches mécaniques) du tiroir où se trouvait la monnaie et les billets, me permettait de prendre de temps en temps en cachette une petite pièce pour service rendu afin d’acheter des bonbons. 

La distribution aux clients de leur tirages photographique leur donnait une expression de satisfaction et de contentement dés le passage de la porte du magasin.

C’est dans l’arrière fond de cet atelier que se dessinerait ma carrière scientifique future, mais c’est le thème d’une autre histoire.