Parcours-cinquième décennie (1986-1996)
Cette cinquième décennie est marquée par un retour de voyage en voilier, voyage découverte en famille depuis le sud de la France en 1985 jusqu’aux petites Antilles et au Vénézuela avec un retour à Genève en juillet 1986.
C’est ainsi que j’ai finalisé ma naturalisation Suisse, et que je me suis impliqué politiquement dans ma cité en devenant conseiller municipal de la ville de Genève en 1987. Occasion magnifique et ardue de voir l’organisation d’une municipalité et ses enjeux futurs. Elu sur une liste des Verts, c’était participer activement à un changement de la politique de la ville avec ses nouvelles obligations concernant les pollutions de l’environnement urbain et les nuisances provoquées par une motorisation excessive et incontrôlée des véhicules.
L’activité économique florissante amenait des problèmes de densification du milieu urbain extrême et des difficultés à équilibrer logement et travail pour les résidents. Les finances de la ville étaient malgré tout en difficulté, ce qui demandait de faire des choix difficiles entre toutes les activités soutenues que ce soit dans le social ou la culture.
En 1991 j’ai été élu au Conseil administratif de la ville de Genève, l’organe exécutif de la municipalité, avec comme responsabilité principale, le dicastère de la Culture, de dimension cantonale plutôt que municipale.
C’était l’opportunité de développer une politique centrée sur l’accès public pour tous aux activités culturelles d’une ville au riche passé et de faire preuve de créativité dans son développement. Les associations culturelles alternatives avaient des demandes d’émancipation nettement formulées en terme de locaux ou de financement. C’était le moment de leur accorder une plus grande confiance en les soutenant autant que la culture traditionnelle des grands musées, de l’opéra et des orchestres symphoniques.
Après avoir lancé une Fête de la Musique en 1991 qui était un festival de toutes les musiques pratiquées à Genève sur le territoire de la ville, puis la Fureur de lire en collaboration avec les villes frontalières, et développé les Journées européennes du Patrimoine à Genève, une évidence s’imposait : pourquoi ne pas créer une grande fête populaire consacrée à la science ?
Au fil des années, les conditions étaient progressivement réunies. En tant que magistrat chargé de la culture, je disposais de la responsabilité administrative des musées genevois, de leurs équipes, des moyens budgétaires nécessaires et d’un réseau de partenaires particulièrement motivés. Autour de moi s’étaient rassemblés des scientifiques, des médiateurs et des communicateurs de premier plan, parmi lesquels André Giordan, André Langaney, Ninian Hubert, Michel Gonzales, les directeurs des musées, les professeurs universitaires et leur laboratoire, ainsi que des contacts avec le CERN et de nombreuses institutions scientifiques.
L’idée était simple. Faire avec les scientifiques ce que les enseignants font chaque jour avec leurs élèves : montrer, expliquer, expérimenter, dialoguer et transmettre. Sortir la science des laboratoires, ouvrir les musées, faire se rencontrer chercheurs et citoyens dans une ambiance conviviale où la curiosité l’emporte sur l’intimidation.
La Nuit de la Science comme toutes les autres grandes manifestations culturelles de la ville est née de cette conviction : la connaissance appartient à tous, à condition de créer les circonstances de cette rencontre.
Trente années après, ces manifestations perdurent à Genève à la grande satisfaction des différents publics.
Dans l’autre versant de santé publique pour les habitants ou les utilisateurs économiques de la ville. les grandes conférences onusiennes, en particulier celle de 1992 à Rio au Brésil, donnaient le ton pour redéfinir des priorités de politique urbaine grâce à des agendas à tenir.
L’Agenda 21 en est un exemple et la ville a créé le sien au sein de toute l’administration municipale lors de mon élection en 1995 comme maire de la ville accompagné du discours politique de la future législature 1995-1999 consacré à cet agenda.