Pendant qu’aux Bastions on prépare la cérémonie de la police genevoise aux bastions pour montrer l’apparence de son corps, on parle à Uni Dufour des rencontres internationales.

Le thème : Autour de l’amour ! Dans ces temps troubles de guerre et de chaos mondial où tous les pays (enfin leur équipe dirigeante représentante des castes au pouvoir) se bataillent à coup de chair humaine pour leur hégémonie, le thème semble idoine. Les intellectuels à l’Université, la police sur le terrain.

« Le courage de ne pas aimer » est le sujet traité par Wajdi Mouawad tandis que la chef de la police mène ses troupes avec tout l’amour de l’ordre.
W Mouawad nous a fait une interprétation théâtrale d’un tribun qui conclut en quelque sorte avec un doigt d’honneur envers les parents des ados d’aujourd’hui : fuck your mother! Fuck your father ! Ces parents indignes qui bousillent la planète depuis 80 ans pour jouir sans entraves en la laissant pour finir à leurs enfants dans un état apocalyptique et que ceux-ci vont en souffrir ou en tout cas apprendre à souffrir . Apprenez à ne pas les aimer, dit-il ! Ovationné en fin de discours, je suis d’accord avec lui, comme écologiste depuis 39 ans, sauf qu’il met tous les parents dans le même sac en cachant qu’ils s’agit en réalité tout de même de ceux qui ont le pouvoir de l’argent, de l’économie, de la finance, des médias, des lois promulguées, des services publics et privés, et qui ne représentent qu’une minorité de la population. La majorité étant soumise aux lois du travail pour subvenir à leur besoins essentiels sans avoir de prise réelle sur les conséquences de la consommation de masse dictée souvent plus par le profit que par la santé publique. Et aussi, c’est vrai par un manque de conscience induit par la publicité d’un monde merveilleux qui va vous entraîner vers la jouissance des biens et services qui détruisent la biosphère. Oui il s’agit de la biosphère, pas de la planète.
Les météorites, les comètes ou d’autres planètes se chargeront de la destruction de notre Terre. Et pour le moment il s’agit de cette couche si mince, si fine, de quelques kilomètres d’épaisseur autour du sol, qu’on appelle biosphère et qui est le lieu de la vie, de notre vie.
Et c’est ainsi que l’on ment à la population: en promouvant l’aviation civile et les communications satellites comme si on était dans un espace infini, en considérant le sol, la terre, les roches, comme une poubelle et l’atmosphère comme une autre poubelle à CO2 et autres polluants. Je ne vais pas citer la mer, ça serait trop long à décrire les dégâts. Tous ceci pour faire vivre cette population de 9 milliards d’humains, tant bien que mal, mais qui n’a pas encore le pouvoir de changer ce système économique mortifère en système économique de vie.
Ce qui m’a frappé le plus lors de cette soirée d’ouverture est le contraste de parole entre W Mouavad et celle des discours d’ouverture (certes très bien structurés, écrits et dits) mais qui montre très bien le schisme entre la société bien pensante, faisant sans cesse référence au monde antique, à la pensée philosophique d’un monde qui n’est plus le nôtre, à ce qui est correct intellectuellement, et la société chaotique d’aujourd’hui qui tend vers l’individualisme autoritaire et le gaspillage de masse.