Ouverture du Journal de bord

22 septembre 2026

Le multilatéralisme ressemble davantage à de la cuisine.

Il est moins le lieu où naissent les idées que celui où l’on essaie de les accommoder. Chaque État arrive avec ses intérêts, son histoire, ses rapports de force, ses ingrédients en quelque sorte. Ensuite commence la cuisine : on négocie, on mélange, on retire un peu de ceci, on ajoute un peu de cela, jusqu’à rendre le plat acceptable par tous — ou du moins par suffisamment de monde pour pouvoir le servir.

Les idées viennent souvent d’ailleurs. Elles naissent dans les sociétés, dans les sciences, dans les mouvements politiques, sociaux ou écologiques, parfois chez quelques individus. Le multilatéralisme les transforme ensuite en compromis.

Mais la relation fonctionne aussi dans l’autre sens. À force de négocier, de confronter des intérêts et des cultures différentes, quelque chose de nouveau peut apparaître.

Les idées fondent le multilatéralisme ; le multilatéralisme les transforme en compromis ; et quelquefois, le compromis finit par produire une nouvelle idée.

Aujourd’hui, j’ouvre ce journal de bord. Il ne prolongera pas simplement le récit de mon passé : il accueillera ce que le présent fait naître, au fur et à mesure, avant qu’il ne devienne souvenir.